Un accompagnement qui lui a sauvé la vie…

Témoignage de Marie-Paule Dewerdt, Agent de service en retraite, Centre Anne Frank - Saint-Omer

A soixante-trois ans, Marie-Paule est une jeune retraitée. Salariée au sein du Centre Anne Frank de 1981 à 2018, elle y fut également pensionnaire pendant cinq ans à partir de 1968…

Marie-Paule est la plus jeune d’une fratrie de neuf enfants. Son père est décédé lorsqu’elle avait deux ans et sa mère ne pouvait pas assumer seule la charge de ses enfants. Marie-Paule fut placée dans un premier établissement religieux avec l’une de ses soeurs, puis dans une famille d’accueil avec son frère. C’est lorsque sa mère fut remariée qu’elle a récupéré ses enfants. Mais malheureusement, ce fut un retour terrible à cause de son beau-père. « A l’époque, j’ai souhaité de moi-même repartir en pension. Mon beau-père était impitoyable, même si l’on cassait un verre par exemple » confie-t-elle.

Suite à sa demande, elle arrive au Centre Anne Frank, ce qui lui a sauvé et changé la vie, même si à l’époque, les jeunes filles accompagnées étaient violentes. Pour la première fois, elle a pu s’exprimer. Tout était collectif et l’intimité des filles était limitée. Par exemple, elles prenaient leurs douches et réalisaient les activités du soir ensemble. Il y avait même des punitions de groupe ! Des rendez-vous réguliers avec l’équipe pédagogique étaient obligatoires, ce qu’elle appréciait.

Progressivement, des activités à l’extérieur leur étaient proposées. Elle fut notamment la première des jeunes à pratiquer la danse classique en dehors de l’établissement. Son certificat d’étude en poche, elle eut la permission de sortir le week-end. Elle allait notamment danser à la Maison des Jeunes et de la Culture de Saint-Omer, où elle rencontra son futur mari… A seize ans, elle tomba enceinte. Son futur mari, ayant sept ans de plus qu’elle, fut alors convoqué par le directeur de l’établissement pour qu’il puisse cerner ses intentions. Ils s’installèrent ensuite ensemble.

Depuis 1973, ils sont mariés et sont toujours autant heureux. Ils ont aujourd’hui trois grands garçons dont Marie-Paule est très fière.

Autant dire qu’elle a un lien inébranlable avec le Centre Anne Frank, mais ce n’est pas tout… En 1981, elle occupa dans l’établissement un poste d’agent de service en remplacement. Elle animait des ateliers de manutention pour les filles non scolarisées. Elle était à l’époque un « couteau suisse », puisqu’elle pouvait aussi bien remplacer l’assistante technique que la veilleuse de nuit ou encore s’occuper du standard. C’est ensuite qu’elle eut un poste de maîtresse de maison dans le cadre de la création du groupe « L’Alauda », accueillant des fratries en bas âges et des mères mineures avec leurs enfants. Rigoureuse, elle s’est bien adaptée et a su évoluer très rapidement. Ce qu’elle a préféré, c’est le travail en équipe, même si elle eut quelques conflits avec certains collègues. Cette dernière expérience fut très enrichissante. Son histoire personnelle, en étant pensionnaire lorsqu’elle était enfant, l’a beaucoup aidée au travail.

Aujourd’hui, Marie-Paule souhaite remercier toutes les personnes qui ont cru en elle, sans qui elle ne serait pas là. C’est maintenant une jeune retraitée heureuse et comblée !

Découvrez le livre-témoignages « 60 portraits Humains & Engagés » de l’ASRL en CLIQUANT ICI !

Tous les témoignages sont disponibles en version audio ICI