Pont-à-Marcquoise… et fière de l’être !

Témoignage de Sylvie Vandenbroucke, Secrétaire pédagogique et administrative en retraite, CRESDA, Pont-à-Marcq

Sylvie a quarante-et-un ans de carrière au sein du Centre Régional d’Éducation Spécialisée pour Déficients Auditifs (CRESDA). C’est au lendemain de la Braderie de Lille et avec peu d’heures de sommeil derrière elle, que Sylvie est arrivée au sein de l’établissement pour son premier jour…

A l’époque, Sylvie habitait juste à côté du CRESDA. Elle est même née dans la maison familiale à Pont-à-Marcq. « Je ne quitterai pour rien au monde mon village », affirme-t-elle.

C’est donc tout naturellement qu’elle raconte l’histoire du CRESDA. Au départ, les sourds et les aveugles étaient accueillis ensemble rue Royale à Lille, sous la responsabilité des soeurs de la Sagesse. Quand le CRESDA a été créé, les sourds et les malentendants sont venus à Pont-à-Marcq. Les aveugles et malvoyants sont quant à eux restés au Centre d’Éducation Sensorielle pour Déficients Visuels (l’IJA, qui se situe rue Royale). Ensuite, les soeurs de la Sagesse ont passé la main à une association, l’ADEV qui a fusionné quelques années plus tard avec l’ASRL. 

Le CRESDA s’est alors ouvert aux déficients auditifs mais également aux personnes en situation de handicap physique. Sylvie a d’abord occupé la fonction de dactylo au sein du service Économat du CRESDA puis sténodactylo. Cette évolution professionnelle lui a permis de connaître le poste de secrétaire sur le bout des doigts et d’être au contact des différents directeurs successifs. Ce qui l’a marqué au sein de l’ASRL, c’est surtout l’évolution numérique. « J’ai commencé à travailler sur une machine électrique avec des feuilles A3, puis avec une machine à écrire équipée d’un écran, pour passer sur ordinateur, sur PC et enfin travailler sur le réseau de l’ASRL », explique-t-elle.

Son activité principale fut secrétaire pédagogique et administrative. Avec un rôle central qui lui a été confié : gérer tout l’administratif des jeunes accompagnés au sein de l’établissement, à savoir le suivi numérique des stages, des transports, la gestion des présences et des absences, etc. Cette mission fut très importante pour elle, car elle fut très impliquée auprès des jeunes. Elle a d’ailleurs été sollicitée pour être la marraine de la géante Manon, fabriquée par les enfants de la section primaire du CRESDA. Ce fut une grande chance pour elle de travailler dans l’établissement où elle était très autonome dans ses missions. Son activité s’est arrêtée le 30 novembre 2018, date de son départ à la retraite. « J’ai eu des difficultés à partir » confie-t-elle.

Cent-vingt-cinq professionnels travaillent au sein du CRESDA. Au départ, cent quarante-sept enfants étaient accueillis.

Le nombre de jeunes a aujourd’hui diminué mais le personnel s’est maintenu car les handicaps sont lourds et nécessitent un accompagnement très personnalisé. Parmi les professionnels, une jeune femme ayant été accompagnée par les services extérieurs du CRESDA a souhaité suivre la formation « CAPA-SH », qu’elle a obtenue, pour devenir enseignante spécialisée auprès de déficients auditifs. Au-delà de sa surdité profonde, elle est aujourd’hui très investie au CRESDA et représente un modèle pour les jeunes.

Le poste de Sylvie a encore évolué. Il est aujourd’hui occupé par Isabelle, qui a repris des missions de gestion des effectifs, de facturation, etc. Un signe que l’ASRL continue à se transformer et s’ajuster aux évolutions du secteur social et médico-social.

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