Quand le hasard fait bien les choses

Témoignage de Sabine Bouckenhove (née Viard), Maîtresse de maison, Centre Anne Frank, Saint-Omer

Comment ne pas croire au hasard quand on écoute l’histoire de Sabine ? C’est en 1984 qu’elle intègre le Centre Anne Frank, Maison d’Enfants à Caractère Social (MECS), en tant que pensionnaire. A l’époque, elle a quatorze ans. Elle y reste jusqu’à ses dix huit ans.

C’est à la suite de la maladie de sa mère, atteinte d’un cancer du sein, qu’elle entre au Centre Anne Frank. Issue d’une grande fratrie, avec huit soeurs et frères, les plus jeunes enfants furent placés car il n’y avait pas de famille pour les prendre en charge. Le weekend, Sabine allait rendre visite à ses parents. Mais rapidement, sa mère décède de sa maladie. Un an après, son père succombe d’un cancer des poumons. Avec ces épreuves, elle reste très proche de ses soeurs et frères, qu’elle voit très régulièrement. Son arrivée dans l’établissement fut un peu difficile… Vivre en « collectivité » implique le respect des règles. Mais elle garde un très bon souvenir de l’accompagnement dont elle a bénéficié avec des éducateurs bienveillants, disponibles et à son écoute.

« Monsieur Catry, aujourd’hui directeur de l’établissement, était à l’époque mon éducateur », explique-t-elle. Elle quitte le Centre à ses dix-huit ans et tombe enceinte un an plus tard.

Sabine avait deux filles, Anaïs qui a trente ans et Aude, âgée de vingt-deux ans, dont elle est très fière. Pendant quinze ans, Sabine a travaillé à « l’Escapade », un café-brasserie situé à Moulle. Elle est malheureusement licenciée économiquement à cause de la conjoncture. Elle réalise quelques missions intérim jusqu’à avoir une proposition de poste par sa conseillère de Pôle Emploi.

C’est alors que le hasard pointe le bout de son nez… Elle est orientée vers un poste de maîtresse de maison au sein du Centre Anne Frank, situé à Saint-Omer… Depuis plus d’un an, elle s’occupe d’une des unités accueillant treize enfants âgés de cinq à douze ans, avec des missions variées comme le nettoyage des locaux et du linge, l’entretien de la literie et des douches ainsi que les devoirs des enfants. « Je suis très bien épaulée par ma collègue et par l’équipe éducative », affirme-t-elle. 

Sabine était de l’autre côté du miroir. Il faut avoir une force de caractère pour travailler dans l’établissement car émotionnellement, c’est parfois difficile. Par rapport à son époque, elle confiait une évolution du comportement des enfants, qui peuvent être davantage sujets à des crises et à beaucoup de frustrations.

Avec sa grande capacité d’adaptation et son histoire, Sabine arrivait tout de même à les apaiser. Ils sont parfois perdus car ils voient du monde et sont très sollicités par l’équipe éducative. Sabine leur préparait régulièrement des crêpes et des gâteaux, même quand elle ne travaillait pas. Dès qu’elle pouvait, elle jouait également avec eux. Une douce attention qui leur apportait de la tendresse et de la bienveillance !

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